L’histoire

Visiter une capitale c’est une étape importante. Condensé des mœurs, extravagances, et disparités du pays tout entier, Téhéran fait tomber le voile et nous fait perdre la tête.

Souvenons-nous! Choisie comme capitale de la Perse en 1785 par le fondateur de la dynastie Qadjar, c’est en 1849 que Téhéran marque son premier essor. En témoigne la création de l’université « académie Dar ul-Funun » où les esprits se rassemblent et s’exaltent enfin. C’est cependant en 1927 qu’un réel envole s’effectue. Alors que le monde se développe, la Perse se traine. Pour le premier roi de la dynastie Pahlavi, Reza Shah, s’en est assez. La Perse doit retrouver sa place dans l’échiquier mondial. Pour ce faire, il lance un gigantesque plan de modernisation, engageant au sein de la capitale, la construction de nombreux bâtiment publics et infrastructures routières et ferroviaires. Sur le model occidentale, il modernise les lois, prône l’égalité des sexes, et dessine les nouveaux traits de la culture Iranienne.  Ce nouveau pays dévoilé, Reza Shah décidera, en 1935 de le renommer « Iran » à la place de « Perse ». Si Téhéran l’exubérante affiche un nouveau souffle, la rue elle étouffe. Imposé avec une grande fermeté, la modernisation du pays oublia une partie de sa population. Cette dernière très religieuse se sentie écrasée et contrainte à s’effacer. Après plusieurs années de développement, les frasques et dépenses des Pahlavi, finirent par lasser. Les disparités devenues importantes trouvèrent leur première défiance. Soucieux d’un pays plus égalitaire, les étudiants et intellectuels du pays se soulevèrent. Malheureusement peu organisé, ce mouvement libérateur se fit couper l’herbe sous le pied. Les extrémistes religieux écrasés et bafoués quelques années plus tôt prirent le pouvoir en 1979 et avec plus de fermeté encore que leur prédécesseur, ils renversèrent l’Iran. Sans est suivi une politique de rurbanisation due à la volonté du gouvernement islamique de promouvoir la famille et les enfants. Celle-ci fit exploser la démographie de Téhéran passant de 2 millions d’habitants en 1966 à plus de 5 millions en 1980. De nos jours, la capitale iranienne se fait le témoin de cette histoire, s’adaptant et sauvegardant son passé. Marchons sur ses pas…

 

 

Téhéran 

Nous arrivons au petit matin, la ville nous offre ses plus belles couleurs : un lever de soleil sur la montagne d’Elbourz. L’air est frais et l’ambiance que nous y trouvons est sereine.  Nous décidons de nous rendre dans le bazar de la ville. Les ruelles ici sont avant tout constituées de commerces automobiles, le prochain quartier sera plus glamour, nous espérons. Le boulevard Naser Khosrow laisse enfin place à une petite rue piétonne pleine de charme, bordée d’arbres où commerçant et restaurants se partagent l’ombre. L’architecture de certains bâtiments nous laisse sans voix. L’ambiance y est bonne, enfant, famille, amis, et touristes y déambulent se laissant séduire par quelques douceurs sucrées !

 

 

Le Bazar

Le Bazar nous ouvre ses portes sur l’avenue Khordad.  La porte principale laisse apparaitre un véritable labyrinthe où bâtisses antiques et magasins modernes couvrent maraichers et vendeurs d’épices. Ces odeurs incroyables parfument l’espace et nous dépayse à nouveau. L’ancienne partie du Bazar date du 16èmesiècle. En activité permanente, il  a connu son apogée au 19ème, devenant le plus grand bazar du pays. Se frayer un chemin ici n’est pas chose facile.  Locaux, touristes, marchands et porteurs, veulent prendre place dans ses ruelles de  deux mètres de largeur chacune, la tâche est dure. Notre route devient sportive. Mais quel régal !!  Ce centre commercial géant, où télévisons, DVD, ustensiles de cuisine et produits ménagé sont rassemblés est une vraie caverne d’Ali Baba.  Il vous manque quelques choses vous le trouverez à coup sûr dans ce lieu. En fin de parcours, nous tombons finalement sur la partie la plus traditionnelle du marché, les vendeurs de Tapis ! Un véritable condensé des plus belles pièces de laine et de soie du pays se trouve ici. Un vrai musée à ciel ouvert. On vous laisse admirer.

 

 

 

 

Palais Sa’dabad

Entrer au Bazar c’est bien, mais en sortir… Après s’être perdu au moins 4 fois, nous retrouvons finalement le soleil. Nos amis Badran et Samira nous attendent au pied d’un des restaurants typiques du Bazar, la spécialité : brochettes Kebabs. De ce déjeuner leur vient l’envie de nous faire découvrir l’ancienne résidence des Pahlavi le Palais Sa’dabad. Symbole d’opulence pour la génération de leur parents, ce lieu représente pour la jeune génération la Liberté et la « belle époque » Iranienne.  Direction le Nord. Au pied de la montagne, nous découvrons un immense parc où les demeures de l’ancienne famille royale laissent rêveur. Construit en 1786 par la famille royale Qadjare, le parc de 110 hectares était couvert essentiellement par la forêt. Traversée par une rivière et semée de fleurs et de sentiers, c’est un vrai coin de paradis. Le lieu avait été choisi pour son calme, son air pur et sa fraicheur en été.  En 1920, avec l’arrivée de la famille Pahlavi, la forêt fut diminuée au profit de dix-huit édifices, dont le fameux palais blanc, résidence principale de Mohammad Reza Pahlavi de 1965 jusqu’à la révolution. De nos jours ce lieu est divisé en deux, une partie est conservée comme lieu de travail par le pouvoir en place et le reste sert de musée. Ce musée à ciel ouvert offre des maisons de maitre décorées de mobilier noble et voitures de collections hors de prix. Nous remontons le temps visualisant un Iran bien loin de celui d’aujourd’hui. Ici les chefs d’états du monde entier venaient, le temps d’un accord, admirer le mode de vie luxueux de la famille royal Pahlavi. Aujourd’hui la jeunesse vient y rêver un nouvel avenir, en oubliant peut être que c’est ici, qu’il y a 30 ans, que tout à basculer… Mais qui sommes-nous pour juger.  Encourageons ces rêves de liberté dont à tend besoin la jeunesse iranienne. 

 

 

Tajrish Bazar

Non loin, une dernière visite nous emmène, au Tajrish Bazar où les populations aisées du nord de Téhéran viennent faire quelques achats et profiter du mausolée de l’Imam Zadeh Saleh. Ici les prix s’enflamment triant sur le tat la clientèle. Détail vite oublié, les yeux rivés sur une architecture traditionnelle renversante et des produits locaux aux parfums enivrant.

 

 

Mashala

Nous retrouvons notre ami Mashala, avec qui ce soir, nous allons (re)découvrir les joies des tablées familiales et iraniennes. Avant cela, nous suivons notre guide jusqu’au petit jardin du Musée des arts iranien. Ici nous découvrons l’autre visage de cette ville où la population riche se réunie dans une ambiance feutrée, autour d’un « verre sans alcool » et rythmé de sons Jazi. La végétation abondante du parc laisse, ici et là, s’extraire les maquettes des plus beaux monuments du pays. Ouah ! Belle fin pour cette « riche » journée !

 

Musée du Tapis

Pour notre dernière journée, nous voilà parti dans l’histoire d’un art traditionnel. En Iran, le Tapis est une identité forte. Les jeunes mariés ont d’ailleurs le devoir de se procurer, lors de leur union, un tapis grand format en laine ou soie pour décorer leur nouvel intérieur. Téhéran possède un musée où l’histoire et les divers lieux de fabrications de cet art y sont répertoriés. Nommons parmi les lieux représentés : Kerman, Tabriz, Ispahan et Mashad, hauts lieux de fabrications de tapis. Chaque région possède sa propre manière de tisser et ses propres motifs. Nous en découvrons ici les plus belles pièces. Un regret peut-être, aucuns tapis nomades Baloutches et Ghasghaï ne sont présentés.

 

 

 

 

Palais Golestan

Après cette leçon de tissage, nous prenons la direction du centre afin de visiter l’un des joyaux de la ville, le palais Golestan. Témoin vivant de l’architecture Kadjare, il vu le jour en 1524 sous le règne de  Tahmasp Ier, et devient le palais royal de la dynastie Qadjar sous le règne de Agha Mohammad Khan en 1783. En cette même époque, le roi choisit Téhéran comme capitale de son empire. Il sera ensuite utilisé par Mohamad Reza Shah, comme salle de réception et de couronnement. Son fils, Reza Shah Pahlavi, assoiffé de modernisme, en détruira une grande partie pour la construction de bâtiments administratifs. Aujourd’hui, le palais est devenu le musée le plus visité de la capitale. Composé de quatre bâtiments, la salle du trône, le musée royal et sa salle des miroirs, le palais du soleil et enfin le palais des vents, il entour un jardin intérieur de toute beauté. Encore une fois une belle découverte dans ce royaume d’Iran. 

 

 

 

Merci !!!

19h50, gare de Téhéran. Au-dessus de nos têtes, les photographies grand formats des leadeurs religieux. Ce ne sera cependant pas l’image que nous choisirons de garder de cette capitale. La religion est certes présente, mais l’ouverture d’esprit et la soif d’un monde plus libre est bien plus importante. Témoin de leurs aspirations, garant de leurs appels, nous  vous offrons leur cœur. Pétris cependant, nous tremblons pour eux, car dehors l’orage gronde… Tenez bon.

Merci Mashala et sa famille, Badran, Samira, et Ibrahim pour nous avoir fait connaitre votre ville et avoir partager un bout de votre vie avec nous.

 با تشکر از شما Mashala و خانواده اش. با تشکر از شما بدران، سمیرا و ابراهیم برای اطلاع از شهر خود و به اشتراک گذاشتن بخشی از زندگی خود با ما.

 

Téhéran, Capitale du peuple

2 avis sur « Téhéran, Capitale du peuple »

  • jeudi 7 juin 2018 à 21:22
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    C est vraiment superbe …les tapis sont comme des broderies…☺ c est bravo de nous parler dd cette jeunesse qui voit plus loin…plein de bises…

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    • visage
      mardi 12 juin 2018 à 12:49
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      Merci beaucoup Sylvie. Oui les Tapis sont magnifiques, un art qui te plairait. Nous t’embrassons. A bientôt!

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