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Lorsque notre décision de rejoindre l’Inde fut prise, une condition s’imposa. Ne pas commencer l’Inde par une grande ville tel que New Delhi ou Bombay. Le « syndrome indien » syndrome d’une forte sensation d’étouffement à l’arrivée due au bruit et à la cohue de la ville nous rebutait, surtout après notre expérience à Hanoï. Jaipur fut donc un choix réfléchi pour entamer le pays et passer la Fête des Couleurs avec des locaux. Malheureusement elle ne remporta pas un franc succès. Particulièrement déçus de la ville et quelque peu désabusés, nous décidâmes de renverser nos plans. Nous annulons notre virée au sein du désert de Jaiselmer et prenons la direction de New Delhi. Plongeons tête baissée dans un autre monde…

 

 

 

 

Gare de Jaipur, Guichet numéro 6. Nous sommes plusieurs voyageurs l’air un peu perdus. Acheter un billet de train en Inde peut être une vraie mission. Trouver le bordereau de réservation, le bon numéro de train, faire la queue, ne pas perdre patience et enfin tenter de se faire comprendre par le guichetier lorsque qu’arrive son tour. Cette dernière étape est un grand moment ! Après 1 heure 30 passée dans ce lieu, nous repartons billet en main direction Delhi, tout du moins nous l’espérons.

 

 

 Paharganj

6 mars, 11h00. Le train express « Double Dekker », ressemblant étrangement au RER parisien, nous dépose à la gare de Sarai Rohilla au nord de Delhi. Prévoyants, nous avons téléchargé l’application Ola. Cette dernière nous permet de réserver Tuk Tuk et Rickshaws en ligne et ainsi nous évitera les interminables et fatigantes séances de négociations. Notre état d’esprit à ce jour « Éviter les mauvais points et se concentrer sur les bons ! »

 

 

 

 

 

Nous avons choisi de passer notre séjour dans le quartier vivant de Paharganj. Lieu privilégié des voyageurs à petit budget, on y rejoint rapidement la gare, le métro et les différents lieux touristiques. C’est ce qu’il nous faut. Si le coin n’est pas réputé pour son calme, on trouve dans ce bruit et cette poussière ambiante, un petit « je ne sais quoi » de charmant. Bagages posés, le tour du quartier s’impose.

 

 

 

Karol Bagh

Direction Karol Bagh. Au cœur de cet immense marché, les grandes marques Adidas, Levis et autres concurrencent les tailleurs indépendants indiens. Ces derniers nous proposent, pour une trentaine d’euros, la fabrication de tenues traditionnelles en à peine quelques heures. A côté, les boutiques d’étoffes proposent des Pashminas d’une qualité exceptionnelle. L’accueil de ses professionnels est adorable. Assis sur un tapis, un vendeur déplie devant nous une cinquantaine de tissus splendides. Un à un il raconte leur histoire, c’est un vrai plaisir. Notre statut de « voyageur » se fait cependant ici durement rappeler. Plier à la tentation c’est plier davantage encore sous le poids du sac Hélas. Nous ne repartons cependant pas déçus de notre passage. La beauté des tissus et produits traditionnels, tout comme l’ambiance, rendirent cette journée bien agréable.

 

 

Old Delhi

7 mars, 10h00. Venir à Delhi s’est découvrir une part de l’histoire Indienne. Nous débutons cette histoire, par le Vieux Delhi qui, jusqu’en 1707, fut capitale Moghol. De cette civilisation, nous n’apercevrons que quelques traces, le temps et l’explosion de la ville ayant pris le dessus. La surpopulation, le bruit, la poussière et le délabrement dessinent désormais le paysage. Sur le pavé les artisans et commerçants s’activent tentant, tant bien que mal, de convaincre le client. La concurrence est rude et le besoin de chacun pourtant réel. La dureté de la vie nous plonge pour la première fois dans un fort mal être. Nous sommes ici transportés dans un autre monde. S’il est important d’ouvrir les yeux sur celui-ci, l’expérience est dérangeante. D’autant plus que le Vieux Delhi et ses habitants seraient représentatifs des conditions de vie de plus de 80% de la population du pays. 

 

 

 

Jama Masjid

Cependant, en descendant la rue Chawir Bazard, nous arrivons droit sur l’un des plus grands monuments du quartier, la mosquée Jama Masjid. C’est la plus grande d’Inde pouvant recevoir jusqu’à 25 000 fidèles. Havre de paix en plein milieu du chaos, nous nous laissons enchanter.

 

 

 

 

L’empire Moghol

A l’Est, nous apercevons le Fort rouge. Bâtiment colossale, le palais-fort de Shahjahanabad s’étant sur 49ha. Derrière ses grands remparts de grès rouge se cache un jardin magnifique où palais, temples et mosquées dessinent l’un des endroits les plus visité de la ville. Nous imaginons ici la puissance des empereurs Moghols qui ont gouverné l’Inde. Le calme règne et la végétation abondante nous donne un peu de fraicheur en cette journée caniculaire. Quel beau moment de détente.

 

 

Le tombeau de Humayun

Nouveau jour, nouveau quartier. Nous continuons notre exploration cette fois-ci direction le sud et le Tombeau de Humayun . Nous découvrons ici de magnifiques jardins perses, une magnifique mosquée et bien sûr la tombe qui abrite l’empereur Humayun et 150 membres de la famille royale. Cela en fait la plus grande nécropole de la dynastie moghole. Fait de grès rouge, le bâtiment est immense et retentissant. Décidément Delhi n’est pas faite que de bruit et poussière. Notre moral remonte doucement.

 

 

Le Mausolée de Safdar Jung

Sur le trajet de retour, nous faisons un stop afin d’admirer le petit Taj Mahal de Delhi, le « Mausolée de Safdar Jung ». Petite représentation du Taj en grès rouge, il aurait servi d’exemple pour la construction de celui d’Agra.  Le lieu est paisible et quasis vide, nous prenons un véritable plaisir à déambuler. Ce dernier semble être totalement oublié des circuits touristiques.  Une véritable aubaine pour nous et notre photographe !

 

 

Le quartier Deer park Lake

L’après-midi se poursuit. Dans le métro qui nous emmène à Deer park Lake, le changement est frappant. Ici place aux trottoirs et aux grandes avenues arborées. Les lotissements aux appartements luxueux forment le décor. Quel étonnement et quelle sensation. Avons-nous changé de ville ? Arrivés sur Hauz Khaz fort road nous découvrons un tas de petites boutiques tendances et bar branchés. Ici la jeunesse d’orée de New Delhi vient s’amuser. Les saris sont bien loin, les préférences vont à la dernière tendance occidentale. Dans le magnifique vestige de Hauz khas fort, cette nouvelle génération Indienne se rêve un nouvel avenir à coup de selfie et de musique électro. Drôle de sensations!

 

 

 

 

Sentiments

Nous décidons de finir la découverte de cette mégalopole par un verre sur l’une des terrasses dominants la ville. Au dernier rayon du soleil, nous prenons le temps de songer à cette ville et tentons d’en comprendre le sens. La capitale a témoigné d’une Inde à deux vitesses. La première, coupée du temps, semble s’opposer à la seconde, reflet de l’essor économique récent du pays. La disparité est énorme et tend à s’aggraver. Pourquoi ? C’est peut-être en replaçant l’Inde sur la scène internationale que nous trouverons une part de réponse. Désormais acteur d’un marché global, l’Inde doit se défendre. Dans sa course au pouvoir cependant, le pays peut-il oublier qui il est ?

 

 

 

 

Delhi/New Delhi « दिल्ली », la ville des contraires

5 avis sur « Delhi/New Delhi « दिल्ली », la ville des contraires »

  • mardi 3 avril 2018 à 13:26
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    Toujours aussi agréable de vous suivre au travers de vos commentaires et photos. On pense bien à vous Bs

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  • lundi 2 avril 2018 à 12:55
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    Et oui, c’est ça le charme de l’Inde, comme tout pays en voie de développement, d’un côté des paysans qui vivent comme les notres il y a 70 ans.. Et de l’autre la course à la modernité et à la surconsommation alléchante qui grise les jeunes, avec des parents entre deux tentés de conserver leur éducation rétrograde mais obligés de constater que les jeunes veulent bouger… Cela donne parfois des spectacles ahurissants…. Mais dans les campagnes, les petites villes des trésors de savoir faire tellement spectaculaires !! Si vous le pouvez visitez une marbrerie, c’est énorme !! Bises.

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    • visage
      mardi 3 avril 2018 à 06:56
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      Bonjour Annick, oui l’Inde est un perpétuel questionnement. Il est difficile de décrier un pays soulevant tant d’émotions. Nous poursuivons son apprentissage! Merci.

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  • lundi 2 avril 2018 à 08:31
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    Le rêve se poursuit, bonne route.

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    • visage
      mardi 3 avril 2018 à 06:54
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      Bonjour, Encore Merci pour votre fidélité et votre passion. On vous embrasse.

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