Yazd 

Notre bus arrive en début de soirée aux portes de la ville. Au premier abord Yazd ne semble que peu attrayante. Quelques minutes plus tard cependant, un taxi nous laisse apprécier les rues animées et colorées du centre. Yazd ne s’offrira pas d’elle-même, il va nous falloir la dévoilée.  Nous nous débarrassons rapidement de nos sacs et partons à la découverte du quartier. Ici la vie nocturne bat son plein. Echoppes, restaurants et mosquées sont ouvertes jusque tard dans la nuit. Le temps pour nous de prendre un peu de hauteur, lovés à la terrasse d’un café, un plat de Eggplant en bouche.

 

 

Ville millénaire

Le printemps arrive à peine, l’air est frais, agréable, loin des températures caniculaires faisant légion en été. En effet, ville est désertique, Yazd est classée à l’UNESCO en tant que telle. Construite en 3 000 ans av. J.C., son architecture a été pensée afin de répondre à ses contraintes. De mythiques « tours du vents » parsèment la ville de toute part. Des maisons en Pisé, généralement construites en sous-sol et cachant en leur cœur de superbes petites courts intérieures, complètent le paysage. Dans ce décor aride, nous nous perdons, calmes et rêveurs. 14 heures, devant nous les commerces abaissent leurs devantures. Les cafés un à un annoncent leur fermeture. Ici la vie coule en fonction du climat. La chaleur en été intenable renvoie chez eux les actifs les rappelant à la tombée de la nuit. Seuls, nous déambulons dans une cité fantôme. Un autre visage se dévoile, le labyrinthe de Yard nous invite à jouer.

 

 

 

Mosquées et Mausolées

Sur notre parcours, plusieurs bâtiments se découvrent. Le premier d’entre eux est le « seyed rokn addin mausolée ». Immense et doté d’une coupole bleue turquoise il détonne dans le paysage de torchis. Par chance ouvert, nous nous engouffrons dedans. En pleine rénovation, il laisse apercevoir des peintures et décors magnifiques. Nous aurons quelques minutes pour découvrir son intérieur. A quelques mètres artisans et tisseurs ont pris place dans un petit bazar. Nous traversons ce tunnel curieux avant de déboucher sur la majestueuse mosquée du Vendredi, dite « Jameh Mosque ». Devant nous, deux imposants minaret de 52 mètres nous invitent à entrer. Sous cette porte gargantuesque, les yeux levés, nous sommes charmés par ces « Muquarnas ». Ses arabesques en stuc peintes font penser à la structure d’un nid d’abeilles. Ces alvéoles nous coupent le souffle. Du parvis, nous admirons l’architecture. Le temps n’est pas avec nous mais les couleurs restent éclatantes malgré tout. L’édifice vieux de 900 ans et reconstruit en 1327, laisse place à un seul Iwan, au sud, donnant sur la salle de prière. Le dôme turquoise semble protéger les fidèles des intempéries et du soleil. Sous son aile, nous pourrions rester des heures !

 

 

 

 

Amir Chaghmagh

Notre découverte se poursuit par le grand complexe Amir Chaghmagh. Ancienne mosquée, construite en 1437, elle reste atypique par ses trois rangées d’arcades et ses deux grands minarets. Ce grand complexe est la place centrale de la ville où touristes et locaux déambulent. A l’intérieur, de nombreuses boutiques de souvenirs et de tapis ont pris place. A l’arrière de l’édifice, nous découvrons à nouveau les 5 tours du vent qui alimentent en air frais les habitations. Deux ouvriers nous offrirons l’occasion unique de grimper sur le toit de l’Amir Chaghmagh afin d’observer de haut les beautés environnantes.

 

 

 

 

Khorma: Dattes

Les abords du complexe sont remplis de boutiques en tout genre. Fan incontournable de dattes, je tente désespérément d’en trouver. Me faisant difficilement comprendre j’accueille volontiers l’aide qu’Ibrahim s’apprête à me rendre. Comprenant ma demande il m’informe tout juste revenir d’une grande cueillette de dattes dans le sud de l’Iran. Ni une ni deux, le commerçant et Ibrahim s’organisent et m’offrent quelques minutes plus tard une boite remplis de dattes. Fondantes, elles sont un délice, je ne peux vous le décrire. La conversation se poursuivant, nous sommes amenés à présenter notre aventure asiatique. A l’annonce de notre intention d’assister à un mariage iranien Ibrahim et sa femme Zara nous arrêtent. « Pouvez-vous venir à Ispahan la semaine prochaine, mon meilleur ami se mari et nous serions heureux de vous y conduire ? ». Le rendez-vous est pris !

 

 

Un bazar en or

Le lendemain nous nous attaquons au bazar. A Yazd il se compose en deux parties séparées de part et d’autre de l’avenue Qyiam. Dans la première partie, nous retrouvons les bijoutiers. La joaillerie est une institution en Iran. En cas de divorces ou décès de leur époux, l’or accumulé part les femmes lors de leur vie maritale est un legs garanti. Dans ses ruelles, se discute l’achat plus ou moins délicat de pièces d’exception. Certains iraniens ajouteront aussi que contrairement à la monnaie l’or est un bien non périssable !

L’autre partie est plus traditionnelle constituée de marchants de fruits, légumes, cuivres, vaisselles etc.… Côté photos je me régal. Nous sommes cependant vendredi, jour chômé en Iran. L’espace vide donne au lieu une autre charme. Dans tout ce dédale, nous découvrons quelques petites pépites. Parmi elles, des hôtels et cafés justes somptueux. Le temps d’un Chai, nous nous laissons envouter par leurs charmes.

 

 

 

Kharanaq

Pour ce dernier jour, nous choisissons de sortir de la ville et d’exploré les environs. Nos amis baroudeurs, titulaire du site « Shoesyourpath », nous avaient mentionné la petite cité de Kharanaq. Souvent boudée par les touristes elle serait juste magnifique. Nous voilà donc dans le taxi en route direction 85 kms plus au nord. Tout le long, les paysages sont toujours plus beaux les uns que les autres. On ne lasse pas.  Moteur coupé, nous découvrons le site. Personnes ! Les portes ne s’ouvrent que pour nous. Un conseil cependant nous confie le chauffeur « attention, le site tombe en ruine et certains endroits pourraient être dangereux ». Totalement construit en terre cuite il se désagrège. Nous nous perdons dans ses recoins et sous-sol. Cette cité vieille de plus de 4 000 ans nous laisse encore apercevoir des bâtiments vieux de plus de 1 000 ans. Leur organisation peint la vie de cette époque. La prouesse des architectes est grande. Ancienne ville d’exploitation minière, elle a su conserver son caractère et traversé les ans. Depuis son petit aqueduc, nous regardons ce petit bijou posé en plein désert. Nous terminons par la visite du caravansérail jouxtant la cité. Tout juste rénové, il témoigne de la vie des nomades de passages dans cette région.

 

 

 

Au revoir

Minuit, nous retrouvons la gare routière et les bus VIP. Cette fois un long trajet nous attend, rendez-vous demain matin à Shiraz. Yazd aura su nous donner une vision millénaire de l’Iran. Elle restera pour nous l’une de nos villes préférées, vagabonde et relaxante. Au revoir belle citée antique.

 

 

De Yazd à Kharanaq, sur les traces du passé

2 avis sur « De Yazd à Kharanaq, sur les traces du passé »

  • visage
    jeudi 17 mai 2018 à 15:43
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    Merci, c’est toujours un plaisir de vous savoir dans nos valises ! Profitez dès à présent de vos 5 prochaines minutes pour un voyage dans le temps direction Persépolis ! Gros bisous

  • mardi 15 mai 2018 à 16:42
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    Et bien voilà une petite heure passée prés de vous à lire et admirer vos reportages et photos de vos derniéres épopées!!!!
    on a l’impression d’y être et de vous suivre…. Bs à vous

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